L’esprit panoramique > III. 1900 ou le triomphe du cadre > III.2. Panorama pictural : gigantisme et hybridation > III.2.3. Le recul du panorama
III.2.3. Le recul du panorama
Les trois spectacles qui viennent d’être décrits relèvent du voyage – directement pour le Maréorama et le Transibérien, allusivement pour le Stéréorama.
Le Maréorama, suite logique du Vengeur, réalise l’hybridation complète entre moving-panorama et panorama dont il reprend la disposition globale (une image englobante, une plate-forme, même s’il s’agit d’un bateau) auquel il rajoute des impressions physiques directes et cohérentes avec la situation qu’il simule.
Le Transsibérien abandonne quant à lui l’immersion par l’image. Le spectateur étant avant tout dans un wagon d’où il observe une image cadrée (Chéroux). Son corps est immobile mais virtuellement transporté et informé de cette situation par la simulation des cahotements du train dans lequel il est censé cheminer.
Avec le Stéréorama, changement de régime : le spectateur est à l’extérieur au dispositif. L’image est non seulement cadrée, mais le corps est immobile, concrètement et métaphoriquement. On est proche de la formule classique du moving-panorama; à ceci près qu’on est en présence d’un univers pour une part tridimensionnel.
Malgré ces différences, ses trois spectacles partagent deux dimensions essentielles. Le monde qu’il propose est pictural, “réaliste” (vérisimilitude) mais pictural. Aussi, leur attractivité et leur effet de réalité semblent tenir tout entier à leur aspect machinique, qui, elle, n’est pas du ressort de l’image, mais de la sensation physique.
[19] BISSON Paul, En quête de valeurs esthétiques et relationnelles…, op. cit., p.272.

