L'esprit panoramique
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    • II. Le panorama photographique au XIXème siècle
      • II.1. Origine et évolution technique
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        • II.3.4. Une histoire de temps et d’espace
      • II.4. Thématiques et jeu de langages
    • III. 1900 ou le triomphe du cadre
      • III.1. Panorama pictural : gigantisme et hybridation
      • III.2. Le Photorama des frères Lumière
      • III.3. Le Cinématographe des frères Lumière
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I.2.1. Survol historique

La vogue des panoramas va connaître deux moments privilégiés. Le premier, depuis son invention en 1787 jusqu’aux années 1830, puis le second, plus tardif et plus spectaculaire, de 1870 jusqu’à 1900.

1787-1830 : la mode des -RAMA

Après un demi-échec à Edimbourg (1787) et à Londres (1788) avec sa vue d’Edimbourg, Robert Barker, associé à son fils Henry Aston, réalise et expose une nouvelle toile dans une rotonde temporaire : une vue de Londres depuis le Moulin Albion; en fait une peinture semi-circulaire qu’il complétera par la suite sur 360° (figure I-8). Succès aidant, il inaugure en 1794 à Leicester Square sa première rotonde (figure I-9) – et de fait la première rotonde dans l’histoire du panorama [16] – construite par l’architecte Mitchell selon les termes du brevet, avec un panorama de bataille, Vue de la flotte à Spithead. Événement londonien, succès public et visite de la famille royale en prime. Reynold lui-même revient sur son jugement et écrit à Barker “La nature peut y être beaucoup mieux représentée que dans un tableau délimité par un format habituel” [17]. Suivront : en 1795, le panorama célébrant la victoire navale remportée par l’Angleterre sur la France à Quéffant (1794) ; en 1799, le panorama de la bataille d’Aboukir qui fait sensation et attire les foules.

Les deux principales rotondes, celles de Leicester Square puis celle du Strand, monopolisent alors la présentation des panoramas. Malgré l’attrait pour ce type de spectacle, le marché n’est toutefois pas assez porteur pour risquer d’en construire une troisième.

[16] Cette rotonde fut exploitée jusqu’en 1822 par Barker, puis jusqu’en 1861 par John Burord et son fils Robert. Originalité, l’édifice contient comprend deux panoramas. Le plus grand des deux faisait 25 mètres de diamètre pour 10 mètres de haut, soit une longueur de 160 mètres. Cette configuration est en fait une exception : tous les panoramas édifiés par la suite ne proposèrent qu’un seul et unique panorama.

[17] COMMENT Bernard, Le XXème siècle des panoramas, op. cit., p.13.

Figure I-8
Panorama de Londres, à partir du Moulin Albion, Robert Barker, 1792

Figure I-9
La rotonde de Leicester Square (Robert Barker), 1798
(Robert Mitchell, Plans and views in perspective with description, London, Wilson and Co, 1801). Source : Stephan Oettermann, The Panorama, p.104.
Autant il est aisé d’identifier le “petit” panorama (panorama de Londres de la figure I-8), autant l’identité du “grand” panorama est incertaine.

Le panorama est introduit en France En 1799 sous brevet d’importation par Robert Fulton – ingénieur américain inventeur du bateau à vapeur – qui expose une Vue de Paris peinte par Pierre Prévost avec l’aide de Constant Bourgeois, Denis Fontaine et Jean Mouchet. L’accueil est positif. Prévost, qui deviendra l’un des grands peintres panoramistes du siècle, réalise une autre toile l’année suivante : L’évacuation de Toulon par les anglais.

À Berlin, Le premier panorama allemand est ouvert en 1800 par le peintre Breysig avec une vue de Rome. Cependant, Tielker, le financeur de l’opération, ne respectent pas ses consignes : les lucarnes sont implantées au-dessus de la toile, sans décalage. Le jugement du Journal des Luxus und der Moden est sans appel [18] : mauvaise réalisation picturale et effet d’illusion ratée. Breysig ne se remettra pas de cette échec et abandonne la peinture panoramique. Il invente cependant le faux terrai qui sera exploité par d’autres. Ce n’est qu’en 1808 qu’un autre peintre, Karl F. Schinkel rencontrera le succès à avec une vue de Palerme.

Dans l’ensemble, le développement du panorama restera limité en Allemagne, en Autriche et en Suisse du fait qu’aucune ville dans ces pays n’atteignit la concentration de population nécessaire à l’économie du panorama [19].

Le développement du panorama a donc été rapide. Dix années après le dépôt du brevet, on assiste à une multiplication des rotondes à Londres et à Paris, où deux d’entre elles sont construites en 1799 de part et d’autre du passage du panorama, lieu emblématique du début du XIXème siècle, prototype du passage chez Walter Benjamin [20]. Panorama et Passages proposent alors l’environnement idéal pour le flâneur en quête de divertissement. Malgré des dimensions modestes, le spectacle est du goût des parisiens qui y affluent. Mieux qu’une publicité, une chansonnette (dity) se chargeait de relayer l’événement :

Paris pas plus grand que cela
Jouit de succès légitime
Un savant vous le montrera
Pour un franc cinquante centimes
Et tout le monde donne ou donnera
Dans le pano, pano, panorama

[Stephan Oettermann, The panorama, op. cit., p.145]

L’engouement est tel que le Journal des Luxus und der Moden rapporte qu’en quelques mois le mot panorama est dans toutes les bouches et qu’il donne lieu à nombre de métaphores et de tournures de phrase [21]. Balzac lui-même se gausse de la mode des -rama dans le Père Goriot dont l’un des personnages ne parle plus de soupe à la tenancière de la pension Vauque mais de son souporama. [22]

En 1808, Prévost et Thayer s’associe à part égale pour construire une rotonde deux fois plus grande boulevard des Capucines. On améliore la lumière et la structure d’accès par rapport au modèle de Leicester Square de Barker. Elle est inaugurée en 1808 avec une vue de Tilsit [23] et remplacée l’année suivante par le panorama de la bataille de Wagram, réponse des panoramistes français aux panoramistes anglais sur le thème de la bataille.

Le point fort de la peinture de Prévost tient à sa capacité à recréer un sens de l’espace et des perspectives aériennes en mélangeant 60 teintes différentes d’un même couleur. Une de ses œuvres maîtresses est le panorama de Jérusalem (1820) pour lequel il réalise les relevés lui-même, auquel succèdent les panoramas d’Athènes (1821) et de Constantinople (1822, figure I-10).

À Londres, ce sont John et Robert Burford (père et fils), qui succèdent aux Barker. De 1823 à 1861, c’est principalement Robert Burford qui va assurer la production des deux rotondes londoniennes avec en moyenne la création de deux panoramas par an, production centrée sur les paysages exotiques de l’empire britannique.

Figure I-10
Toile préliminaire pour le Panorama de Constantinople, détail, 1818. Source : Wikipédia.

[18] COMMENT Bernard, Le XXème siècle des panoramas, op. cit.,

[19] Évolution des populations de Londres, Paris, Berlin et New York.

Londres Paris Berlin New York
1800 : 860 000 550 000 172 000 79 000
1840 : 1 847 000 1 000 000 322 000 312 000
1900 : 4 210 000 2 714 000 1 880 000 3 437 000

http://www.census.gov/population/documentation/twps0027/tab07.txt
http://hypo.ge.ch/www/cliotexte//sites/Histoire/Moderne/pop_vill.html
http://www.londononline.co.uk/factfile/historical/

D’ailleurs, face à cette situation, un certain Johan Michael Sattler proposa une solution originale : une rotonde démontable, et donc mobile, avec laquelle il parcourra le nord de l’Europe, entreprise titanesque qui tient en deux chiffres : 30 tonnes de matériel, 30 000 kilomètres parcourus. (Bernard Comment, p.27)

[20] Lorsqu’on aborde le panorama, il est d’usage, voire de bon ton, de faire référence à Walter Benjamin et au Kaiser Panorama de son Enfance berlinoise. Cependant, contrairement à l’assimilation rapide au dispositif du panorama qu’en font certains auteurs, le Kaiser Panorama (figure I-11) est un dispositif de type peep-show créé par le physicien allemand August Fuhrmann en 1881 – qui est d’ailleurs en couverture de Suspensions of Perception : Attention, Spectacle, and Modern Culture de Johnatan Crary. “Les spectateurs, au nombre de 25, étaient assis à l’extérieur d’un cylindre et observaient des vues stéréoscopiques au travers d’une ouverture munies de Lunettes. Au son d’une cloche, une nouvelle vue stéréoscopique venait remplacer l’ancienne pour chacun des observateurs. La cinquantaine de vues proposée étaient changées toutes les semaines.” [OETTERMANN Stephan, The panorama, op. cit., p.230].

Figure I-11
Kaiser Panorama, Berlin, 1844-1939.
Source : Stephan Oettermann, The Panorama, p.231

[21] OETTERMANN Stephan, The Panorama, op. cit., p.145.

[22] OETTERMANN Stephan, The Panorama, op. cit., p.6.

[23] En relation à un traité de paix entre la France et la Russie. OETTERMANN Stephan, The Panorama, op. cit., p.151

1830-1870

Vers 1830, lassé en particulier des conquêtes napoléoniennes et de la déroute qui s’ensuivit, la vogue des panoramas connaît un essoufflement notoire. Le public parisien délaisse le passage des panoramas, les rotondes sont détruites en 1831, pour d’autres lieux, plus chics, comme la galerie Vivienne. De plus, le panorama rencontre un concurrent qui comme lui travaille les effets spectaculaires et auquel on l’assimile parfois à tort : le diorama de Daguerre inauguré en 1822. [Le diorama est traité plus amplement à la I.2.4].

Cependant, la construction de deux grandes rotondes à Londres et à Paris va quelque peu relancer l’intérêt du public pour le panorama. Que ce soit le Colosseum à Londres en 1929 (Thomas Hornor, figures I-12) [24] ou la rotonde de Jean-Charles Langlois à Paris en 1831, le panorama franchit un cap en termes de dimensions et de vérisimilitude alors que jusqu’ici peu de modifications ou d’améliorations avaient été introduites par rapport au modèle originel.

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12

Figure I-12. Intérieur du Colosseum avec le panorama de Londres et extérieur, Guighall Library, Corporation of London, date 1829.
Source : Stephan Oettermann, The Panorama, p.134 et 136.

[24] On l’inaugura avec un panorama de Londres prise depuis la cathédrale Saint-Paul, peint par Thomas Hornor.

Avec la Bataille navale de Navarin [25], Jean-Charles Langlois, pour ne s’intéresser qu’au cas français, perfectionne le faux-terrain et introduit le verre dépoli pour l’éclairage de la toile supprimant ainsi les ombres portées. Plus encore, Langlois remplace la plate-forme d’observation par la dunette d’un navire ayant participé au combat, le Scipion, et recherche se faisant une totalisation de l’effet [26]. Ce qui fait dire à Germain Bapst que Langlois “transporta le spectateur au centre de l’action tandis que ses prédécesseurs l’avaient laissé isolé et éloigné du spectacle qui était représenté à vol d’oiseau” [27].

Le panorama de Langlois reçoit un accueil très positif. Dans Le Journal des artistes, on peut lire : “Nous sommes vraiment dans le siècle des innovations, si ce n’est des inventions, et voilà pour la première fois qu’on s’avise de faire un mélange aussi complet et aussi hardi de la peinture et de la réalité”. Même enthousiasme chez Jacques Ignace Hitorff, architecte et critique attentif, qui y voit un tournant dans l’histoire des panoramas.

Avec l’appui de Louis-Philippe, Langlois s’associe finalement à Hitorff pour construire une somptueuse rotonde sur les Champs Elysées qui servira de standard a bien d’autres et qui marquera “le sommet technique et esthétique de l’architecture du panorama” [28] (figures I-13). Hitorff innove en matière architecturale et conçoit un toit qui débarrasse le panorama de son poteau central et en libère du même coup la plate-forme. Le panorama est inauguré en 1839 avec l’Incendie de Moscou auquel succède la Bataille d’Eylau en 1843. Cette rotonde est détruite en 1855 lorsque Langlois réintègre l’armée pour la guerre de Crimée. D’autres suivront [29].

Figure 13
La rotonde des Champs Élysées de Jacques Ignace Hitorff, Paris, 1842.
Revue générale d’architecture et des travaux publics, Vol. 2.

[25] Suivront la Bataille d’Alger (1833) et la Bataille de Moskowa (1834).

[26] COMMENT Bernard, Le XXème siècle des panoramas, op. cit., p.24.

[27] COMMENT Bernard, Ibid, p.22.

[28] OETTERMANN Stephan, The Panorama, op. cit., p.59

[29] De retour de Crimée, Langlois demande à l’architecte Gabriel Davioud (auquel on doit également le style mauresque du Palais du Trocadéro édifié pour l’exposition universelle de 1889) de construire une nouvelle rotonde de cent vingt mètres de circonférence, toujours sur le champs Elysées, rotonde qui sera ouverte au public en 1860 avec le Siège de Sébastopol réalisé à partir de relevé photographique. En 1865, y sera exposée la bataille de Solférino. Langlois, qui meurt en 1870 ne parviendra pas à achever sa dernière bataille, celle de Marengo.

1830-1870 : panoramania

Le panorama va connaître un nouveau développement avec la guerre franco-prussienne de 1870-1871, et surtout les expositions universelles de 1889 et 1900.

Dans le premier cas, le panorama sera l’outil de propagande mis au service de la cause patriotique et on n’hésitera pas, en France comme en Allemagne, à refaire l’histoire du conflit depuis Napoléon Ier. Dans le second, il deviendra un moyen de valorisation de l’empire colonial et argument publicitaire pour les grandes compagnies qui le subventionneront. [cf section III.2.2].

Cependant, le temps du panorama touche à sa fin victime d’une triple concurrence : le train et le bateau à vapeur, qui se sont beaucoup développés rendent les voyages plus aisés, et donc le lointain plus proche ; la photographie qui a su imposer un mode de captation du réel qui concurrence notoirement l’hyperréalisme du panorama ; les journaux illustrés, moins chers et plus réactifs, qui remplissent désormais mieux sa fonction de mass-média. Cependant, comme le dit B. Comment, “son dernier sursaut prendra une ampleur impressionnante” [30]

En cette fin de siècle, Paris et Berlin s’imposent comme les capitales du panorama, les rotondes se multiplient [31]. En France, ce sont les peintres Félix Philippoteaux et Théophyle Poilpot ainsi que l’architecte Charles Garnier qui en deviennent les grandes figures.
En 1873, le premier expose le Siège du fort d’Issy au “Panorama National” des Champs Élysées : à l’affiche jusqu’en 1890, des copies de cette toile circuleront dans toute l’Europe. Le second fait construire deux célèbres rotondes : le “Panorama Français” en 1880 (figure I-14) et le “Panorama Marigny” en 1882.

Figure I-14
Le Panorama français, Vue en coupe, Bibliothèque Nationale de France, Paris
Source : Stephan Oettermann, The Panorama, p.14.

[30] COMMENT Bernard, Le XXème siècle des panoramas, op. cit., p.39

[31] Ici les avis divergent. Alors que Bernard Comment milite pour la prépondérance française (puisque “Paris, capitale du XIXème siècle, p.39), Oliver Grau privilégie l’Allemagne (p.91).

On assiste à une production centrée sur la bataille en France (Siège du fort d’Issy – Félix Philippoteaux – 1873, Tempête sur la Bastille – Poilpot Jacob – 1881, Bataille de Champigny – Edouard Detaille et Alphonse de Neuville – 1882) comme en allemagne (Bataille de Sedan – Anton von Werner – 1880 – Francfort, Bataille de Weissenbourg – Louis Braun – 1885) ou aux États-Unis (Battle of Gettysburg, Félix Philippoteaux, 1883 – figure 15).

[32] COMMENT Bernard, Le XIXème siècle des panoramas, op. cit., p.41

Figure 15
Panorama de la bataille de Gettysburg, Félix Philippoteaux, 1883.
Source : www.thehistoryblog.com

En Allemagne, a pourtant lieu un événement inattendu en cette période de fièvre guerrière : le succès phénoménal, “un des plus grands de cette fin de siècle” nous dit Bernard Comment [32] : le Panorama de la Crucifixion par le peintre Piglhein assistés de Frosh pour l’architecture et Krieger pour la dimension paysagiste (figure I-16). Si Pilghien était soumis à un contrat lui interdisant de refaire un panorama sur le même thème, Frosh quant à lui alla offrir ses services aux Etats-Unis où il réalisa trois copies du Panorama de Munich. Il réunit par la suite une équipe bien rodée et répliqua le panorama aux Pays-Bas et en Allemagne. Au-delà de Frosh, le Panorama de la Crucifixion inspira 17 versions différentes.

Les expositions de 1889 et 1900 marqueront l’apogée du panorama. Y seront présentés des dispositifs toujours plus gigantesques, où le panorama sera décliné, adapté et hybridé avec d’autres dispositifs du siècle (diorama, moving panorama) [cf. section III.2.2].

Figure I-16
Panorama de Jérusalem avec la crucifixion du Christ, Bruno Pilghein, Karl Frosh, Josef Krieger, extrait du programme, 1886.
Source : Stephan Oettermann, The Panorama, p.283.

I.2.2. Mass média

POUR CITER CE TRAVAIL

L’esprit panoramique. Splendeur et décadence d’une utopie holistique, Jean Leborgne, Mémoire de master, Paris VIII, 2008, 234 p.

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