L'esprit panoramique
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    • Introduction
    • I. Le panorama pictural au XIXième siècle
      • I.1. Panorama, invention et principes
      • I.2. Panorama, mass medium du XIXème siècle
        • I.2.1. Survol historique
        • I.2.2. Mass média
        • I.2.3. Dispositifs pré-cinématographiques
      • I.3. Origines possibles et jugement de l’art
        • I.3.1. Approche(s)
        • I.3.2. Lieu et époque
        • I.3.3. Nature et sensation
        • I.3.4. Nature et peinture
        • I.3.5. Nature et science
        • I.3.6. Lieu et sensation
        • I.3.7. Synthèse
        • I.3.8. Le jugement de l’art
      • I.4. Attributs du panorama
        • I.4.1. Le fonction ubiquitaire : illusion, immersion
        • I.4.2. La fonction documentaire : exactitude et référentialité
        • I.4.3. Les procédés diégétiques : récit et et temporalité
        • I.4.4. Panorama et panoramisme
      • I.5. Mutations de l’observateur
        • I.5.1. La destitution de la camera obscura
        • I.5.2. L’autonomisation des sens
        • I.5.3. Les techniques de l’observateur
        • I.5.4. De L’œil mort à l’œil mobile
        • I.5.5. Mouvement, temps, fragmentation
    • II. Le panorama photographique au XIXème siècle
      • II.1. Origine et évolution technique
        • II.1.1. Les appareils à objectifs pivotants
        • II.1.2. Les appareils à miroir
        • II.1.3. Les appareils à pellicule souple
        • II.1.4. La méthode polyédrique
      • II.2. Typologie et terminologie
        • II.2.1. Problématique
        • II.2.2. La classification Bonnemaison en question
        • II.2.3. Proposition de classification
      • II.3. Histoires de …
        • II.3.1 Une histoire de cadre
        • II.3.2. Une histoire de perspective
        • II.3.3. Une histoire de pieds
        • II.3.4. Une histoire de temps et d’espace
      • II.4. Thématiques et jeu de langages
    • III. 1900 ou le triomphe du cadre
      • III.1. Panorama pictural : gigantisme et hybridation
      • III.2. Le Photorama des frères Lumière
      • III.3. Le Cinématographe des frères Lumière
      • III.4. Le Cinéorama de Grimoin-Sanson
      • III.5. Passation de pouvoir
      • III.6. Lignes de devenir
        • III.6.1. Le panorama pictural
        • III.6.2. La photographie panoramique
        • III.6.3. Le cinéma
        • III.6.4. Le cinéma panoramique
    • Conclusion
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  • >I.5.2. L’autonomisation des sens>

I.5.2. L’autonomisation des sens

C’est de fait un vaste processus de rationalisation et de normalisation, au sens de Canghuilem [212], que le début du XIXe siècle voit s’opérer. L’estimation du seuil de normalité, notamment en médecine et en psychologie, joue un rôle essentiel dans la refonte de l’observateur, devenu en lui-même un sujet d’étude et le lieu d’un savoir. Ce n’est plus l’optique géométrique comme au XVIIe siècle qui domine dans le débat scientifique et philosophique, mais l’optique physiologique : l’observateur devient “un objet calculable et manipulable”, la vision, “un phénomène mesurable, et par la suite échangeable “.

Dans son Handbuch der Physiologie (1833), le physiologiste allemand Müller, contre les conceptions de Bichat [213] qui veut conserver la différenciation organique-inorganique, apparente le corps à “un conglomérat industrielle”, à une structure composite à l’intérieur de laquelle un dispositif de stimuli appropriés peut produire ou simuler des expériences qui constituent en soi un “réel”. Notre système physiologique est au final “défectueux, incohérent, victime d’illusion et chose capitale, sujet à des procédures et des stimulations capables par-dessus tout de produire l’expérience du sujet.”

L’élève de Müller n’est autre que von Helmotz. Favorable à une épistémologie fondée sur la vision subjective, il clarifie cependant la connexion entre la doctrine de son aîné sur l’énergie spécifique des nerfs et la technologie moderne (particulièrement le télégraphe en tant qu’analogie.) et fait du sujet percevant un conduit neutre, un type de relais parmi d’autres, propice à des conditions optimales de circulation et d’échange, tant pour les marchandises, l’énergie et le capital, que pour les images et les informations”.

D’une tabula rasa sur laquelle peuvent être disposées des représentations ordonnées, le champ visuel devient une surface d’inscription où l’on peut produire, pêle-mêle, toute une gamme d’effets. Pour Crary, la culture visuelle de la modernité va donc coïncider avec des nouvelles techniques de l’observateur.

[212] CANGHUILEM , Le normal et le pathologique, Paris, puf, 1972

[213] D’après Canguilhem, Bichat dans Recherches physiologiques sur la vie et la mort inaugure “le processus de parcellisation du corps en un ensemble de fonctions et de systèmes distincts et spécifiques, tel qu’il va se poursuivre” .

I.5.1. La destitution de la camera obscura
I.5.3. Les techniques de l’observateur

POUR CITER CE TRAVAIL

L’esprit panoramique. Splendeur et décadence d’une utopie holistique, Jean Leborgne, Mémoire de master, Paris VIII, 2008, 234 p.

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