II.1.2. Les appareils à miroir
Le périgraphe instantané (figure II-5a), appareil catadioptrique dont il est trop rarement fait mention, a été breveté en 1878 par le Colonel Mangin, il permet d’obtenir sur plaque daguerréotype le panorama autour d’un point donné, sous la forme d’une “couronne circulaire plane” (figure II-5b) [12]. Comme l’indique Mangin lui-même, c’est bien le miroir torique utilisé en tant qu’optique – dont il décrit très précisément le process de fabrication – qui constitue “l’élément capital” de l’appareil .

Figure II-5a
Vue en coupe du périgraphe.
Source : LAUSSEDAT A., Recherche sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques Chapitre III. Iconométrie et métrophotographie, p. 225-282. Annales du CNAM, 3ème série Tome 1, 1899
[12] Brevet n° 125374, 29.06.1878
Ensemble de Tomaison E.3, Tome 27, Partie 2, pages 7 à 11
Source : http://brevetsphotographiques.fr
De meilleures illustrations se trouvent dans : LAUSSEDAT A., Recherche sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques Chapitre III. Iconométrie et métrophotographie, p. 225-282. Annales du CNAM, 3ème série Tome 1, 1899
Source : http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?8KU54-3.1/543/100/553/539/553
D’autres brevets pour le même type d’appareil seront déposés par la suite comme celui de Lechevalier, la planchette photographique, ou celui de Ducos-Duhauron (n°247775) intitulé : “Appareil photographique à miroir courbe, procurant par anamorphose et sans mécanisme rotatif un panorama correct, réalisé soit graphiquement, soit par projection.” a fait l’objet d’une forme de publication (voir ci-dessous).

Figure II-5b
Photographie obtenue à l’aide du périgraphe du colonel Mangin.
Source : LAUSSEDAT A., Recherche sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques Chapitre III. Iconométrie et métrophotographie, p. 225-282. Annales du CNAM, 3ème série Tome 1, 1899
Remarquons tout d’abord le caractère instantané de la prise de vue. Ceci distingue fondamentalement le périgraphe des dispositifs cyclographiques. Notons ensuite qu’en l’absence de projection de l’image et de son redressement, le panorama apparaît sous la forme d’un disque – on parle des anamorphoses de Mangin – soit une forme de représentation proche des dessins de Saussure [cf. section I.2.3] mais si peu conventionnelle qu’elle ne suscitera le développement d’aucune pratique qui lui soit attachée avant les années 1990 [13].
[13] Cette forme sera exploitée par des artistes tels que Joachim Bonnemaison, Miroslaw Rogala ou Luc Courchesnes (cf. ci-après). De façon générale, elle se développera avec les possibilités de traitement numérique des anamorphoses.
Focus : Luc Courchenes
Luc Courchesne est un artiste et professeur canadien, membre de membre de l’Académie royale des arts du Canada. Il vit et travaille à Montréal où il est représenté par la Galerie Pierre-François Ouellette. Depuis les années 70, il œuvre dans le domaine l’art numérique et plus particulièrement de l’art interactif. Il s’intéresse aux notions d’immersion, d’interaction et de connectivité. Il a notamment exploité des anamorphoses photographiques et vidéographiques obtenues à l’aide d’un miroir en créant une série de dispositifs de projections.
Images extraites du site web de l’artiste : http://courchel.net

Figure II-6
Première version du panoscope, 2002.

Figure II-8
Différentes versions du panoscope.




